Le Mali traverse une période d’instabilité et de conflit depuis le coup d’État militaire de 2012 et l’occupation des régions du nord par des groupes armés. La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) est intervenue de juillet 2014 à décembre 2023. À la suite de la rupture institutionnelle survenue le 18 août 2020, un gouvernement ainsi qu’un Conseil national de transition (CNT), faisant office d’Assemblée nationale, ont été mis en place en attendant l’organisation d’élections démocratiques.
Sur le plan politique, la période a été marquée par la tenue du dialogue intermalien. Ce processus pour la paix et la réconciliation nationale est présenté comme une initiative consistant à instaurer un cadre d’échanges permettant aux populations de poser le diagnostic et de proposer des pistes de solutions relatives aux implications des dimensions économiques et de développement durable dans les conflits.
A l’issue de ce cadre intermalien, tenu du 13 avril au 10 mai 2024 sur l’ensemble du territoire national et dans les missions diplomatiques et consulaires du Mali à l’étranger, 300 recommandations ont été formulées traitant toutes les problématiques de la vie de la nation autour des thématiques suivantes : paix, réconciliation nationale et cohésion sociale, questions politiques et institutionnelles ; économie et développement durable, aspects sécuritaires et défense du territoire ; géopolitique et environnement international. En vue de faciliter la mise en œuvre de ces recommandations, un projet de plan d’actions 2024-2028 a été élaboré par le gouvernement. L’initiative proposée contribuera à la mise en œuvre de plusieurs recommandations fortes des thématiques citées.
Le 28 janvier 2024, le Mali a annoncé son intention de retrait de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) en formant une alliance avec le Niger et le Burkina Faso. Le 16 septembre 2024, ces trois pays ont signé la Charte du Liptako-Gourma, jetant ainsi les bases de ce rapprochement qui promet de redéfinir la lutte contre le terrorisme et de remodeler les équilibres régionaux et qui est devenu Conséquence, l'Alliance des États du Sahel (AES).
Enfin, la crise énergétique au Mali affecte sérieusement le tissu économique et est un élément contextuel central dans le paysage socio-économique, malgré des prévisions continues de croissance, du fait de la reprise de la production de coton, des activités extractives (lithium notamment), de la production industrielle d’or et du lancement/restructuration d’industries.

Nous visons à promouvoir et à établir un dialogue participatif et inclusif, en particulier pour définir des initiatives menées par les communautés afin de restaurer la confiance et la collaboration entre celles-ci, les autorités ainsi que les acteurs de la sécurité et de la défense. Nous cherchons également à soutenir et informer la communauté internationale sur la dynamique des conflits communautaires, conduisant à des programmes et des dispositifs qui prennent davantage en considération la paix. Notre travail est axé sur une compréhension profonde de la dynamique des conflits systémiques et sur des approches participatives et inclusives en matière de consolidation de la paix.
Interpeace a facilité des échanges multipartites afin de réfléchir à la participation des femmes à la vie communautaire, à la gouvernance et à la consolidation de la paix au niveau local, et de formuler des recommandations pour atténuer ces problèmes. Tous les participants ont salué l'initiative, en particulier les autorités municipales et les chefs traditionnels. Les groupes de femmes ont établi des plans d'action basés sur leur analyse des défis et des problèmes liés à la participation des femmes aux différents processus, afin de lancer des plans pertinents, réalistes et localisés, permettant aux femmes de s'approprier les voies de leur intégration.
En 2024, grâce à cette programmation de gouvernance inclusive, le programme Mali a mobilisé 315 personnes, presque toutes des femmes, dont les deux tiers sont des jeunes. Il a organisé trois dispositifs avec des acteurs de la sécurité et sept avec des acteurs de la gouvernance et de la justice, impliquant diverses parties prenantes afin de renforcer leur engagement en faveur de la participation des femmes à la gouvernance.
